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Manifestation pour la Science : Mobilisation à Paris aujourd'hui

29 mars 2026
719 mots
Manifestation pour la Science : Mobilisation à Paris aujourd'hui

Rassemblement du réseau Stand Up for Science France à Paris

PARIS — Le réseau Stand Up for Science France (SU4S) mobilise aujourd'hui des citoyens à Paris pour protester contre les mesures néfastes prises par l'administration Trump en matière de recherche scientifique. Ce rassemblement fait suite à un bilan alarmant présenté par le réseau sur l'état de la recherche aux États-Unis, ainsi que sur les stratégies à mettre en place pour contrer la désinformation qui, selon eux, « sape la confiance dans la science ».

Une pression collective nécessaire

Lors d'une conférence de presse tenue le 6 mars dernier au Collège de France, Kristel Chanard, chercheuse à l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), a souligné l'importance d'une mobilisation collective : « Il faut mettre une pression qui ne s’improvise pas, mais qui se prépare ». Pour la lauréate du prix Irène Joliot Curie - Jeune femme scientifique, cette résistance doit commencer par le respect d'une éthique simple : « Ne pas céder à l’obéissance anticipée, ne pas euphémiser les attaques, et préserver les personnes et les données menacées ».

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"Le dispositif 'Choose France for science' ne fait qu'entériner une...
"Le dispositif 'Choose France for science' ne fait qu'entériner une...

Des chiffres alarmants sur la recherche scientifique

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Entre décembre 2024 et novembre 2025, le nombre de titulaires d'un doctorat travaillant dans les agences fédérales américaines dans les domaines scientifiques (STEM) ou dans le secteur de la santé a chuté de 17 % en moyenne. Claire Mathieu, directrice de recherche au CNRS, a qualifié cette baisse de « massive et stupéfiante », en soulignant qu'elle était particulièrement marquée dans certaines agences fédérales comme la National Science Foundation (NSF), où le nombre de chercheurs a chuté de 40 %.

Une double offensive contre la recherche

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les universités américaines et la recherche scientifique subissent « une double offensive : une purge idéologique et un étranglement budgétaire », avertit SU4S dans une tribune publiée dans Libération. En février 2025, 7 800 postes de recherche ont été supprimés aux États-Unis, et 25 000 scientifiques et techniciens ont été contraints de quitter les agences fédérales, représentant un cinquième de l'effectif total.

Initiatives de soutien pour les chercheurs

Face à cette situation, plusieurs initiatives se sont mises en place pour accueillir des chercheurs américains en France, notamment via le programme Choose France for Sciences, qui a permis d'accueillir 41 chercheurs, selon des chiffres publiés par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace le 4 février 2026.

Un démantèlement méthodique de la recherche

L'éditorial de SU4S souligne que l'offensive actuelle ressemble à un « effort méthodique de démantèlement de la recherche » inspiré par le Projet 2025 du lobby national-conservateur The Heritage Foundation, qui vise à « traumatiser » les employés fédéraux pour précipiter leur démission. Nathalie Bajos, sociologue et chercheuse à l'Inserm, a déploré que la situation se soit détériorée depuis le retour de Trump. Elle a cité des mesures préjudiciables à la recherche en santé publique, notamment le démantèlement des instances d'expertise et la censure des résultats d'études.

Impact sur la recherche en santé publique

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont notamment connu des licenciements, et certaines bases de données ont été effacées. Nathalie Bajos a également évoqué le remplacement du directeur des Instituts nationaux de la santé (NIH) par Jay Bhattacharya, un scientifique qui s'était opposé aux politiques de prévention de la COVID-19.

Réactions de la communauté scientifique

Malgré les défis, la communauté scientifique cherche à résister. Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), a souligné l'importance des contre-mesures mises en place par les sociétés professionnelles pour soutenir les scientifiques injustement licenciés et préserver les données.

Éducation du public et sensibilisation

Pour faire face à la désinformation, il est crucial d’éduquer le grand public sur la science et les médias. Valérie Masson-Delmotte insiste sur l'importance de doter chacun d'un esprit critique, afin de contrer les effets néfastes des discours anti-science et de la désinformation.

Conclusion

La manifestation de ce jour à Paris s'inscrit dans une dynamique plus large de résistance face à des politiques qui menacent la recherche scientifique. En unissant leurs forces, les chercheurs et la société civile peuvent espérer restaurer la confiance dans la science et préserver les fondements de la recherche.